Plan d’action phyto du gouvernement : quels coûts pour les agriculteurs ?

Suite à la concertation qui s’est déroulée du 15 février au 9 mars, les quatre ministres de la santé, de l'environnement, de l'agriculture et de la recherche ont présenté ce mercredi leur « Plan d’actions sur les produits phyto et une agriculture moins dépendante aux pesticides ». Les ministères ont reçu près de 54 contributions dont celle de l’AGPB. Quatre priorités ont été identifiées et plusieurs groupes de travail seront mis en place pendant le mois de mai sur :

  • La mise à disposition des solutions alternatives (biocontrôle et préparations naturelles peu préoccupantes)
  • Le conseil et l’accompagnement des agriculteurs
  • La protection des populations et de l’environnement

En parallèle, les ministères ont saisis plusieurs organismes scientifiques (ANSES, INSERM, IGAS…) sur le glyphosate, le lien santé et pesticides, la révision de l’arrêté abeille…

Le gouvernement souhaite changer en profondeur l’ensemble de la réglementation phyto à la fois concernant la protection des populations et de l’environnement, de l’homologation des produits ou bien encore le plan ECOPHYTO. Le ministre d’Etat Nicolas Hulot a été clair, l’objectif est de réduire l’utilisation des pesticides à terme. En sus de cette feuille de route, le Comité d’orientation stratégique (COS) du plan ECOPHYTO se réunira d’ici fin juin pour renforcer le plan ECOPHYTO II en le déclinant sous une nouvelle forme : ECOPHYTO II +. Il sera soumis à consultation publique à partir du mois de juillet.

D’autres annonces ont été faites notamment sur l’augmentation probable de la redevance pollution diffuse (dans le cadre du projet de loi de finance 2019), sur la mise en place les zones d’épandage à proximité des habitations et des points d’eau…

Eric Thirouin, au nom de la FNSEA, est intervenu à plusieurs reprises pour interpeller les ministres sur la faisabilité économique d’un tel plan. Quels sont les coûts pour les agriculteurs ? Les ministres ont-ils réalisés une étude d’impacts économiques sur l’ensemble de ces mesures ? Il devient urgent que le gouvernement estime le coût global des charges supplémentaires que subiront les agriculteurs. Le ministre de l’Ecologie a répondu favorablement tout en précisant que l’étude inclura tous les effets de l’utilisation des produits phytosanitaires (santé, environnement…). Le ministre de l’agriculture a affirmé que cette étude sera réalisée avec les services de Bercy.